Abancay - Cusco - Huancane

Abancay - Curahuasi - Limatambo - Cusco - Huancané . 397 kms


J'arrive à  Abancay en minibus après avoir été malade trois jours à Andahuaylas. Je rattrape mon retard sur la moyenne à tenir pour arriver à Ushuaïa fin mars. 50 kms par jour. Abancay est une ville sans charme, sans style, sans finition. Une ville péruvienne…. On y trouve de tout, surtout des dentistes car il y a une école en médecine dentaire.

Il pleut au matin. La sortie de cette cuvette à 2200 m d'altitude promet d’être bien longue. Le col est posé à 4000 mètres d'altitude, 34 kms plus loin dans les nuages. L'ambiance a un côté fantastique avec ces nuages qui se déchirent,  disparaissent, laissant entrevoir des sommets enneigés.

Un couple de cyclos s'arrêtent près de moi. Enfin une rencontre et un échange en français depuis  presque un mois… Leur blog est : petitouravelodanslesandes.


Une ration de patates avec un œuf et un bon maté pour me réchauffer me relancent dans la montée. J'apprécie cette halte sur le bord de route loin de tout.

À l'arrêt, Malabar décide de partir dans le fossé avec moi dessus à califourchon. On se retrouve tous les deux les roues et les pattes en l'air. Un camionneur dans la descente me demande si ça va. C'est ça aussi le Pérou !

Plus tard toujours dans la montée  et sous la pluie, un policier en voiture particulière s'arrête et me prend pour remonter jusqu'au sommet. C'est spontané et cela fait vraiment plaisir.


Avec toute cette eau, je mange une truite frite, posée sur une rivière de riz blanc. Elle ne reverra pas le Rio Lucmo.

Les fonds de vallée offrent des paysages extraordinaires, très encaissés, tourmentés ou  bien ouverts. Le Rio Apurimac s'écoule en de larges méandres aux eaux troubles.

Il pleut beaucoup dans ce secteur et les chutes de pierres sont fréquentes. Rouler sur ces routes de nuit, par temps d'orage, est vraiment dangereux.

Je décide de prendre un bus pour m'avancer et  j'arrive à Cusco facilement. L'Hostal Estrellita, repère des backpackers et des cyclos, m'héberge pour trois nuits.

Cusco ! Enfin une ville sympathique avec de très beaux vestiges espagnols et incas évidemment. Cela contraste avec le reste du pays car il y a beaucoup d'étrangers. Les prix ne sont évidemment plus les mêmes. Paradoxalement je suis dans un petit hôtel familial où le petit déjeuner est inclus pour 20 sol soit 5 €. Également un resto où le menu est à 3,5 sol alors que d'habitude on paye plutôt 6, soit 1,5 €.

À côté de ça je ne mettrai pas les pieds au Machu Picchu qui m'en coûterait 200 €. J'ai toujours détesté le racket touristique et celui-là m'écoeure encore plus. Les retombées économiques ne sont pas pour le peuple mais pour une petite mafia bien organisée dont les trois compagnies qui détiennent la voie ferrée.

Cusco ou Zermat des Andes.... On y flâne.  On y mange du chocolat. On y admire les balcons en bois et les façades colorées.  On y pose devant les pierres si bien sont taillées par les Incas. On y dépensent facilement aussi son argent.

Et on y fait des rencontres sympathiques.

Jessica, vénézuélienne sur la route depuis un an avec un vélo équipé de valises recyclées. Tom et Gaëlle, un couple de jeunes belges partis de Colombie, il y a 4 mois, et en voyage pour 1 an. Nous sympathisons et prendrons la route vers la Bolivie ensemble. Cette rencontre brise ma solitude et j'apprécie.

Un soir, un défilé de jeunes danseurs traditionnels animent la place d'Armes. Quelle ambiance colorée, musicale et virevoltante!

Des musées archéologiques, des ruelles étroites, des boutiques. Je flâne dans Cusco avec plaisir.

À l'auberge se tient une grande fête familiale annuelle. La veille au soir dans la cour, une cérémonie religieuse bénie un saint qui sera promené dans tout le quartier, le lendemain matin avec la fanfare. Un banquet dure toute la journée. Les péruviens aiment boire et danser.

Pour quitter Cusco, un long faux-plat descendant de 20 km nous met sur la route du lac Titicaca. Fini les côtes infernales, les reliefs se sont adoucis. La route longe la voie ferrée qui mène à Puno.


Au fil des jours nous roulons sur l'Altiplano avec délice. Le vent nous porte et nous filons à 25 kmh sur des lignes droites interminables. La route est belle mais la pluie vient gâcher les fins de journée et perturber nos bivouacs sous la tente.

À Santa Rosa, on finit par dormir dans un gymnase à l'abri d'une pluie battante et glaciale.

Le matin, nous avions pris un bain  à 40° à Aguas Calientes. Quel contraste !

La gentillesse des paysans en milieu rural compense bien nos déboires avec la météo. Un matin une petite fille et son grand-père nous apportent du pain et des fruits. Il est fier de nous montrer son lopin de terre juste à côté de nos tentes. D'autres nous saluent,  nous encouragent, nous souhaitent un feliz viaje.

A Pukara, tu boiras du sang de lama !  Nous échapperons à la tradition en filtrant notre eau quotidienne.

Pour rejoindre le lac Titicaca, nous voulons éviter de passer à Juliaca ville épouvantable, sale et lugubre. La bonne idée est de prendre un raccourci à travers la pampa. Mais la pluie nous a vite rattrapés et nos vélos  se sont retrouvés dans un bourbier. Demi-tour vers une piste plus carrossable et rendez-vous avec le tuyau d'arrosage de la station-service la plus proche…

Une longue étape de 105 km bien arrosée pour atterrir à Taraco où nous trouvons  une chambre pour trois.

À présent nous formons un vrai trio et la Bolivie nous attend.


Hasta luego!







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